dimanche 30 novembre 2014

Avis sur God Of War III : le test -1ere partie

Présenté en grande pompe à l'E32009 avec le cérémonial des jeux dont on attend le meilleur, God Of War 3 s'était dévoilé à nous à l'époque dans son plus simple et sanglant appareil : une démo jouable de 20 minutes qui nous permettait de retrouver Kratos au mieux de sa forme, le visage convulsé par la haine, les muscles bandés et la colère divine plus palpable que jamais au fond du regard.

Développeur : SCE Santa Monica Studio
Dditeur : Sony Computer Entertainment
Langues : FR mais aussi VOSTFR
Durée de vie moyenne : 10 h

Kratos : Hey Zeus ! C'est toi qui as tué ma famille. Monumentale erreur.
Narrateur : Il y a quelque chose de pourri au royaume de l'Olympe. Et Kratos va faire le ménage.
Zeus : Retiens ta main mon doux fils.
Kratos : Moi doux ? Tu veux rire.
Narrateur : Cette fois personne ne souhaitera bonne nuit à ce doux fils.
Kratos : Être ou ne pas être.
Kratos : Ne pas être !

Depuis l'E3, cette démo a circulé jusqu'à devenir un contenu téléchargeable sur le PSN, première prise de contact que beaucoup ont pris soin de ne pas rater, histoire de garder les poings sur les i et les barres sur l'épée.
Mais en dehors de cette démo, Santa Monica est resté très discret quant à son jeu pendant les mois qui ont précédé sa sortie,divulguant de temps à autres quelques screenshots sur lesquels on pouvait constater le travail qui avait été apporté au jeu depuis sa première sortie publique à l'i-kioube, rien de bien consistant mais on pouvait penser que le jeu tiendrait ses promesses à la vue de la bestialité déployée par Kratos sur ces quelques clichés.
Et puis au mois de mars Kratos est redescendu parmi les gamers pour distribuer les mandales et montrer le chemin aux dieux qui croisaient sa route, et comme d'habitude on reconnaîtra au chauve un sens de l'accueil d'une générosité sans faille et un sens du partage des châtaignes sans égal.
Mars étant dans la mythologie latine le dieu de la guerre on peut penser que l'analogie est totale, jusqu'aux boutistes chez Sony, les clients sont satisfaits.

Si l'Olympe et sa mythique et légendaire aura a influencé les plus grands poètes antiques, pour le divin chauve il ne s'agit que d'une cage à écureuils à visiter et à laver de la vermine y opérant sous des noms de code farfelus type : Zeus ou Hades, des noms de codes pour hippies à cheveux longs et barbes crasses pour sûr, Kratos étant en quelque sorte le Charles Bronson du beat them all, moins il parle et plus il en fait, distribuant aussi sûrement les taquets que les All Blacks réunis pour un match d'exhibition face à l'Italie.
On avait laissé le molosse grec escaladant la montagne sacrée l'épisode précédent, pour ce troisième épisode on revient à l'ascension du Mont par l'énervé spartiate et tout ça bien sûr, pour bien faire les choses, sur le dos d'un Titan, Kratos sachant choisir ses taxis.
Et si Santa Monica avait clairement fournit un travail béton pour les premiers épisodes sur PS2 (le Chains of Olympus de la PSP ne déméritant nullement même s'il a été développé par Ready at Dawn Studios) avec le troisième épisode on peut clairement dire que les californiens se sont éclatés, c'est un peu le passage à l'IMAX pour la série, toute proportion gardée cela va de soi.
 

A painting coming to life

Dès les premières minutes du jeu on est mis dans le bain, God Of War 3 présente un premier combat inouï, c'est Gargantua qui vous invite à sa table et on reste pantois quand on voit ce qui s'imprime sur notre rétine, visuellement la démesure présentée à l'écran agit comme un mécanisme du ravissement, les échelles volent en éclat, pour notre plus grand plaisir.
David Jaffe (le créateur de la série) a beau avoir quitté le studio pour voguer vers de nouveaux horizons avec son nouveau chez lui EAT SLEEP PLAY,  il a laissé à Santa Monica une licence riche d'un univers mythique, fort et imprégné, la puissance évocatrice des créatures mythologiques ou des dieux olympiens participant à la grandeur de ce beat them all titanesque, et dès les premières images du jeu, la mise en scène impressionne.
L'articulation entre l'infiniment grand et l'infiniment petit est ce personnage à la foi antipatique et pour lequel on éprouve en même temps une empathie presque totale : Kratos dit la Guerre sur pattes.
Le seul médium qui interagit avec ces deux espaces de représentation de la démesure est finalement cet anti héro que l'on incarne, personnage qui lui aussi est tiraillé entre son abrasive vengeance humaine et sa soif de justice divine.

Le premier effet kiss cool : Les modèles 3D pètent au visage, Kratos est juste hallucinant de réalisme, c'est d'ailleurs le modèle le plus détaillé du jeu, d'autres étant nettement inférieurs en terme de visuel, mais sur l'ensemble
du jeu le soucis du détail est tel qu'on ne peut que saluer le travail herculéen du studio quand il s'agit d'observer la minutie avec laquelle les choses sont mises en avant, il suffit de voir les minotaures gonfler les naseaux pour laisser échapper leur dernier souffle avant que Kratos leur applique le châtiment divin qu'ils méritent en leur brisant la nuque ou les Gorgones écaillées sous la lame du chirurgien indépendant pour ressentir le travail de furieux qu'a effectué Santa Monica sur la mise en scène de son jeu.
Jamais les combats de God Of War n'ont atteint un tel dégré, la boucherie organisée sous l'effet des QTE devenant une sorte d'opéra macabre ultra violent coordonné par un chorégraphe psychopathe animé par une haine viscérale de ceux qui ont détruit sa vie et dont le sang des victimes ruisselle sur son corps tout le long de l'aventure.
Essayez de dire cette phrase à haute voix sans respirer, c'est violent je sais; mais ce n'est rien à côté de ce qui se passe dans le jeu.

à suivre...